Les nuages noirs recouvrent les hauts sommets. Dehors la pluie tombe à torrent. Les habitants sont réfugiés chez eux. L'orage gronde et le bruit se répercute sur les pentes sauvages des montagnes. Il fait si sombre que les réverbères se sont rallumés. Un vent apocalyptique s'abat sur un monde déchiré. Les arbres ploient sous sa force. Dans la rue, l'eau décrit des demi lunes ridées par le vent. C'est un torrent qui traverse le petit village montagnard. Les rues sont désertes. Un papier abandonné est emporté par le vent et s'envole par delà la cheminée d'un chalet tassé sous la violence de l'orage. Un message ténébreux pénètre par chaque interstice, à travers les fenêtres, les murs de pierre et les couvertures d'enfants terrorisés.
Les habitants n'ont aucun moyen de lutter, ils attendent dans leur demeures, immobiles. Certains n'osent pas même regarder les dégâts causés à l'extérieur et ceux qui les voient, à travers les vitres inondées, ne peuvent plus porter leur regard ailleurs.
Un cri déchire la nuit. Personne ne lui répond. Les habitants ne sont que plus terrorisés. Une branche d'arbre arrachée par la tempête vient s'écraser sur un carreau trop fin qui éclate sous la violence du choc. La pluie torrentielle et le vent s'infiltrent par la faiblesse de l'habitation. Un enfant curieux vient voir ce qu'il s'est passé mais face à lui, un éclair aveuglant s'abat sur un arbre du jardin. Son grondement destructeur n'est, à cette distance, qu'un cri aigu mais non moins démoniaque.
Le message destructeur est annoncé ici et il n'y a aucun moyen d'y échapper. L'adulte tente pourtant d'éloigner l'enfant mais une deuxième branche, beaucoup plus grosse, traverse une porte vitrée et vient s'écraser contre le mur lui arrachant l'enfant des bras au passage. Il n'y a aucun moyen d'y échapper.